Situé
à l'extrême nord du département de l'Aveyron (région
Midi-Pyrénées), le Carladez constitue une avancée
dans le département voisin du Cantal (région Auvergne)
avec lequel il partage un climat rude et montagnard. D'une altitude moyenne de
800 m sur le plateau barrézien, il culmine à près de 1 100
m sur la commune de Thérondels pour descendre jusqu'à 400 m dans
les profondes vallées du Goul (Taussac et Murols) et de la Truyère
(Lacroix-Barrez, Brommat...).
De
la vicomté de Carlat, au comté de Carlat... au Carladez !
Le
Carladez d'aujourd'hui a fait partie intégrante de la province de Carladés,
dont la capitale était située en la forteresse de Carlat
(Cantal) et les principales autres cités s'appelaient : Vic-sur-Cère
(Cantal) et Mur-de-Barrez (Aveyron). Cette région constituait alors
la vicomté de Carlat qui était elle-même seigneurerie
des comtes de Rodez. La vicomté de Carlat resta jusqu'à la
fin du Moyen-âge une province prospère et demeura l'une des principales
places fortes d'Aquitaine, grâce aux forteresses de Carlat et
Mur-de-Barrez, dont il ne reste plus aujourd'hui, de leur splendeur passée,
que quelques maigres vestiges. La défaite des comtes de Toulouse face aux
français, alliés aux comtés de Rodez et de Rouergue, puis
la mort de Raimond VII (dernier comte de Toulouse) en 1249 marquèrent la
fin de la civilisation du midi et la victoire du roi de France, appuyé
par l'église de Rome.
Les
comtes de Rodez Hugues IV, puis Henri II, à la tête du seul
comté qui n'était pas tombé entre les mains de la royauté,
durent cependant batailler face au seigneur de Calvinet, allié d'Alphone
de Poitiers, afin de défendre leurs droits sur le Carladés. Ils
durent s'appuyer sur leurs alliances avec le roi d'Aragon pour défendre
le Carladés. La fin des derniers comtes de Rodez (Jean V et Jean VI d'Armagnac),
peu présents à Rodez, fût marquée par la prise de contrôle
du comté de Rodez par les armées du roi en 1469. Ce qui marquât
aussi la fin d'une certaine indépendance du Carladés et son entrée
dans le royaume de France. Livré peu à peu à lui-même,
usé par les guerres avec les anglais, le Carladés sombra
progressivement dans une longue période d'instabilité et de troubles.
A partir de 1561, les guerres de religions mirent à nouveau le Carladés
à feu et à sang du fait de ses deux forteresses de Carlat
et de Mur-de-Barrez qui étaient alors trés convoitées
afin de contrôler toute la région et de résister à
l'armée royale.
S'en était
trop pour le roi de France ! Il fallait en finir avec cette lointaine vicomté
de Carlat. Le caractère inexpugnable des forteresses du Carladés
entraîna leur rasement, en 1604 sur ordre d'Henri IV pour
Carlat et, quelques années plus tard, en 1620 par décret
de Louis XIII pour Mur-de-Barrez. En effet, la royauté devait
asseoir son pouvoir et ne pouvait accepter de voir ces forteresses servir de refuge
aux calvinistes et permettre ainsi de contester leur autorité. La vicomté
de Carlat fut érigée en comté en 1643 avant d'être
cédée par le même Louis XIII au prince de Monaco quelques
années plus tard. Après avoir connu des siècles de richesse,
la province retomba peu à peu dans l'oubli.
Ce
n'est qu'à la révolution que la, partie aveyronnaise du comté
de Carlat fût administrativement rattaché au département de
l'Aveyron nouvellement crée. Ce territoire se dénomme aujourd'hui
Carladez et a pour chef-lieu : Mur-de-Barrez. L'autre partie du comté de
Carlat, fût intégrée au département du Cantal. Il s'agit
du Carladés avec pour chef lieu : Vic-sur-Cère.
Ainsi
naquîrent les Carladez et Carladés d'aujourd'hui...
>>
Plus d'info : Honoré
de Carlat, une nouvelle historique au
coeur du Carladés de 1533...

Vue de Mur-de-Barrez du nord-est. En haut, à
droite, l'emplacement du château fort rasé en 1620,
car constituant
une forteresse inexpugnable où auraient pu trouver refuge les calvinistes... Fait
surprenant, après tant de siècles de vie commune, le Carladez dont
le passé est commun au très proche Carladés cantalien, est
resté fortement encré dans ce qui est aujourd'hui le département
de l'Aveyron. Pour autant, il n'en partage pas moins l'histoire, la culture, le
patrimoine et l'appartenance à une même unité géographique.
La partie aveyronnaise actuellement
connue sous l'appelation Carladez, autrefois également dénonmée
Barrez (ou Barrés) constitue aujourd'hui le canton
de Mur-de-Barrez qui se compose de 6 communes (par ordre d'importance) : Mur-de-Barrez,
Brommat, Lacroix-Barrez, Taussac,
Thérondels, Murols,
soit une population totale de 3 345 habitants (sce Insee
- RGP 99).
Le canton de Mur-de-Barrez
est aujourd'hui regroupé au sein de la communauté
de communes du Carladez. Depuis 2004, le canton a également intégré
le "pays du Haut-Rouergue"
récemment crée.
Pour plus d'informations
:
>>
Mur-de-Barrez
: les
marchés (place
de Monaco)
- Marché
: tous les jeudi matin
(toute l'année)
- Marché
de pays : tous les jeudi
matin (de fin juin à fin août)
>>
Les hébergements en Carladez
: hôtels, campings, chambres
d'hôtes, village de vacances...
>>
Le Carladés
l'autre Carladés (Cantal) à
découvrir (site officiel)
>>
Office du tourisme de Mur-de-Barrez
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La haute vallée
du Goul est dominée par le château de Messilhac (Cantal).
En arrière plan, le massif du Cantal
>>
Bibliographie
(ouvrages de référence) :
Pour plus d'information sur les communes du
canton :